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Agir ensemble pour le Climat

Agir ensemble pour le Climat

Du 30 novembre au 11 décembre, Paris accueille la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, dans l’objectif de maintenir le réchauffement climatique mondial en deçà de 2 °C. Si le dérèglement climatique est bien global, les solutions seront en grande partie locales.

Interview de Christophe Cassou, chercheur au CNRS, climatologue, affilié au Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs) sur le campus de Météo France à Toulouse. Il est l’un des trois scientifiques toulousains à l’origine de l’exposition itinérante « Le train du climat » qui a mobilisé 40 chercheurs de toutes disciplines, pour aller à la rencontre des citoyens, des jeunes et des élus locaux dans 19 villes françaises du 6 au 25 octobre dernier.

Qu’entend-on par changements climatiques ?
C. Cassou – En un seul siècle, la température globale de la planète s’est élevée d’environ 1 °C (avec aux latitudes polaires, des pointes à 2 °C) tandis que le niveau moyen des océans s’est élevé de 20 cm (fonte de la calotte glaciaire et des glaciers).
Pour comprendre l’ampleur de ce changement, il faut le replacer dans le cadre des grands changements climatiques de l’histoire du climat qui porte sur des millions d’années : tous les 100 000 ans, des périodes de glaciation (froides) alternent avec des périodes « interglaciaires » (chaudes), du fait, entre autres, de la variation de la distance de la Terre au Soleil. Or la différence de température entre ces deux types de périodes - entre 5° à 6 °C - entraîne un bouleversement de l’environnement. Ainsi, lors de la dernière période glaciaire qui s’est achevée il y a 20 000 ans, le niveau des océans était 120 m plus bas, la France était recouverte de steppes et de Mammouths tandis qu’une calotte glaciaire de 2 000 m d’épaisseur recouvrait toute la Scandinavie et avançait jusqu’à la Belgique.

Il y a donc toujours eu des fluctuations de température sur la Terre ?
C. Cassou – Ces fluctuations naturelles n’étaient pas un problème en soi car elles s’étalaient sur une période de 10 000 ans et le vivant avait le temps de s’adapter, notamment en migrant sous des latitudes plus soutenables. Le problème des changements actuels, c’est qu’on a pu établir qu’ils étaient dus aux émissions de gaz à effet de serre produit par les activités humaines depuis à peine 150 ans. La concentration de CO2 due notamment à la combustion de charbon, de pétrole et de gaz n’a jamais été aussi importante depuis un million d’années. Or, il est impossible pour la plupart des espèces de s’adapter à un tel rythme, notamment pour les végétaux qui ne peuvent migrer à une telle rapidité.

Quelles seraient les conséquences de ce réchauffement pour notre territoire ?
C. Cassou – Dans le Sud-Ouest de la France par exemple, les débits des rivières seraient divisés par deux d’ici à 2070. Au-delà du manque drastique d’eau pour les populations et des canicules plus fortes et plus longues en été, cela se traduirait par une crise agricole majeure, et une baisse drastique de l’énergie disponible du fait de l’arrêt des centrales hydroélectriques mais aussi nucléaires (grosses consommatrices d’eau) que cela entraînerait. C’est la raison pour laquelle la communauté internationale des scientifiques du climat a tiré la sonnette d’alarme dans le 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui synthétise les travaux publiés de milliers de chercheurs analysant les tendances et prévisions mondiales en matière de changements climatiques, publié en 2013-2014.
Climatologues, démographes, sociologues, économistes, mathématiciens, etc., ont établi des « scénarios climatiques », c’est-à-dire des trajectoires possibles en fonction de l’évolution des activités humaines. Parmi eux, le scénario 1, qualifié de « laisser-faire », part du principe que sans inflexion significative de nos modes de vie, la température moyenne de la terre augmentera de 4 à 6 °C, c’est-à-dire autant que lors du passage d’une période glaciaire à une période interglaciaire (voir graphique ci-dessus) .

Peut-on encore enrayer ce mouvement ?
C. Cassou – C’est tout l’enjeu de la conférence pour le Climat qui se réunit à Paris début décembre (COP21) : baisser suffisamment les émissions de gaz à effet de serre pour limiter les dégâts. Compte tenu de l’inertie du climat (vitesse de transformation), pour limiter la hausse de la température à 2 °C en 2100, il faut prendre des mesures dès aujourd’hui.
On voit bien que l’enjeu ne peut se régler qu’entre responsables politiques et scientifiques. Car il s’agit en fait de construire le futur : souhaite-t-on le faire sur le modèle d’aujourd’hui ou l’infléchir ? La société civile doit s’impliquer dans ce débat pour faire pression sur ses élus et pour agir à tous les niveaux du territoire.

- Lire la suite du dossier du Var de décembre 2015 sur le climat

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Publié le 30 novembre 2015, mis a jour le 6 janvier 2016

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