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Laurette 1942, projection-débat le 14 octobre

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Laurette 1942, projection-débat le 14 octobre

Mercredi 14 octobre à 21 h, le cinéma L’Autan et la municipalité vous convient à une projection débat autour du film Laurette 1942, en sortie nationale et en présence de son réalisateur, Francis Fourcou.

Synopsis
Été 1942, Laurette Monet 19 ans, étudiante en théologie protestante, s’engage dans la Cimade et découvre la réalité des camps d’internement français de la zone Sud, au moment des grandes rafles et déportations organisées par Vichy. Lorsqu’elle arrive au camp du Récébédou (Portet-sur-Garonne), elle découvre la condition des internés et déportés de l’Europe asservie  : torture des interminables appels, dysenteries, typhoïde, gale, poux, malnutrition, etc. Face à l’horreur de ces antichambres de la «  solution finale  », la conscience de cette femme humaniste bascule dans la résistance…

Bande-annonce https://youtu.be/yi0mCxXtJI0


Réalisateur, producteur et distributeur, Francis Fourcou vit à Pouvourville mais se considère comme un citoyen de Ramonville qu’il a habité longtemps. Interview.

En quoi votre film apporte-t-il un regard nouveau sur la Seconde Guerre Mondiale  ?
F. Fourcou -
Je traite de l’été 1942, au moment où le gouvernement de Vichy qui administre la «  zone libre  » va livrer à la police allemande des hommes et des femmes qui s’étaient réfugiés en France. Un acte très grave qui reste peu connu. Ce film montre le rôle du gouvernement de l’administration de Vichy. L’oubli qui touche ces camps français est l’un de nos trous de mémoire comme les fusillés «  pour l’exemple  » de 14/18, la rafle du Vel d’Hiv ou les événements d’octobre 61 à Paris…

C’est également un regard nouveau sur le processus de la Résistance en France et le rôle des femmes.
F. Fourcou -
Le rôle des femmes a en effet été totalement ignoré  : sur 1 038 «  Compagnons de la Libération  », seules 6 étaient des femmes. Or c’est par milliers qu’elles ont participé à la résistance civile et à la Résistance tout court. Au titre de leur foi - et c’est le cas de Laurette - ou de leurs convictions politiques, comme Angèle Bettini, des Jeunesses communistes. Elles faisaient passer les messages, trouvaient les familles pour cacher les juifs, organisaient les filières, etc.
Mais il est plus facile de filmer des actes de résistance militaire, plus spectaculaires, que les actes de solidarité et les actions quotidiennes contre la mort, la maladie, la faim et le désespoir. C’est grâce à cette résistance discrète que 78 % des juifs de France ont pu être sauvés (contre 29 % des juifs de Hollande*).

Votre film se situe entre documentaire et fiction  : pourquoi ce choix  ?
F. Fourcou -
Après avoir lu le livre de Laurette Monet (Les Miradors de Vichy, 1993, Éd. de Paris), j’ai essayé de la retrouver. Et lorsque j’ai enfin réussi, elle était décédée. Il fallait donc recréer son personnage. C’est ainsi que j’ai décidé de mettre en scène deux Laurettes  : celle de 1942 et celle de 1993. Un va-et-vient dans le temps qui m’a permis d’inclure des témoignages de celles qui ont vécu cette histoire. Il me paraissait nécessaire de donner la parole à des femmes qui vont disparaître et de les «  fixer  » pour l’Histoire. Le film intègre par ailleurs des images d’archives inédites des camps de Noé, du Récébédou et de Rivesaltes retrouvées aux États-Unis.

Laurette 1942 peut-il donner un éclairage au débat en cours sur l’afflux de réfugiés en Europe  ?
F. Fourcou -
Bien sûr. La France s’apprête à accueillir 24 000 réfugiés. Si l’on compare avec février 39, où notre pays a accueilli 500 000 républicains espagnols en 10 jours, auxquels il faut rajouter les milliers de juifs expulsés par Hitler en 1940, ce chiffre est dérisoire. Le Liban à lui seul en accueille 1,2 million sur une population totale de 4,5 millions  ! Ces réfugiés sont devenus français, ils nous ont inspirés  : la culture catalane et espagnole fait partie intégrante de la culture toulousaine aujourd’hui.
Je me réjouis que de très nombreux Ramonvillois aient signalé à la mairie leur volonté de participer à cet accueil  : c’est la marque d’une citoyenneté qui se réveille.
Mais notre travail n’est malheureusement pas achevé  : l’actualité montre que nous n’avons rien appris de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Un film est toujours le fruit de son époque  : Laurette 1942 reflète malheureusement ce qui se passe dans notre société. Il faut absolument imposer l’idée de partager.

* chiffres du mémorial de la Shoa

Publié le 3 octobre 2015, mis a jour le 8 mars 2016

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