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Ramonville pratique

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Ramonville d’hier à aujourd’hui

Ramonville d'hier à aujourd'hui

Ramonville Saint-Agne de la province du Languedoc faisait partie, sous l’Ancien Régime, de l’ancienne viguerie de Toulouse et du domaine foncier des archevêques de la même ville. À l’origine, le village était composé non pas de deux mais de quatre hameaux : Ramonville, Saint-Agne, Lapeyrade et Soule.

- Saint-Agne, aux portes de la grande cité, marque les limites du gardiage de Toulouse, c’est-à-dire de l’autorité des Capitouls.
- Plus au sud, Lapeyrade est le bourg le plus important par sa population mais aussi parce qu’il est un lieu de passage pour rejoindre le Bac qui permet de franchir le Canal Royal, actuel Canal des Deux Mers.
- Situé lui aussi sur le Grand Chemin François - Cami Francés en occitan - le hameau de Ramonville s’implante sur l’actuel carrefour dit « des Deux Ormeaux ».
- Enfin, au creux des coteaux, le bourg de Soule, le plus anciennement peuplé, regroupe les demeures les plus modestes, au sud des moulins et des châteaux, tandis qu’au nord se dressent en surplomb l’ancienne église de Gleyze-Vieille et les restes d’un fort détruit (dont il ne reste que le chemin d’accès dit « del Crouzal  »).

Ramonville compte sur son territoire en plus du château de Bellevue, plusieurs château notamment le Château de Ramonville acheté en 1776 par Monseigneur Loménie de Brienne avec l’autorisation de Louis XVI pour en faire une résidence d’été pour les archevêques de Toulouse. Ces derniers le conservèrent jusqu’à l’époque de la vente des biens nationaux.

1. Du chemin de St Jacques à la route nationale

2. Une réalité sociale diversifiée

3. De la Révolution à la Résistance

5. Cinq résistants assassinés par la gestapo

6. Une centralité volontaire

1. Du chemin de St Jacques à la route nationale

L’histoire de ces quatre hameaux est indivisible de celle de la route centrale : d’abord voie romaine, puis chemin de pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, elle devient une voie importante et aménagée par le pouvoir central - d’où son nom « de France » - pour améliorer les relais de poste et la rapidité des communications, dans un programme développé par Sully et Colbert.

La route Royale - qui déjà dessine un Ramonville « d’en haut » et un Ramonville « d’en bas » - permettra, clin d’œil de l’histoire, dès le 20 juillet 1789 de véhiculer les mots d’ordre et les idées de la Révolution française aux Toulousains, comme aux Ramonvillois, à commencer par la nouvelle de la prise de la Bastille.

La légende imagine même qu’en 1096 Raymond IV, comte de Toulouse, quitta son château de Bellevue pour la croisade en passant par le chemin de Saint-Jacques, futur Grand Chemin François, empruntant le chemin « del Crouzal », qui existe encore de nos jours et porte aujourd’hui le nom de « chemin des Croisés ».

L’histoire de Ramonville-Saint-Agne est avant tout celle de quatre hameaux indépendants - Ramonville, Saint-Agne, Lapeyrade et Soule - qui décident de se réunir autour de la route jadis empruntée par les pèlerins pour relier Saint-Rémi de Provence à Saint-Jacques de Compostelle.

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2. Une réalité sociale diversifiée

Très tôt, les grands propriétaires terriens recherchent les domaines agricoles des coteaux ou de la plaine (même si une partie proche de l’Hers était dans une vallée inondable et humide) car ils étaient proches de la ville et bien desservis, lieux idéaux pour construire des propriétés de repos, ou des métairies de forts revenus.

Premiers témoignages de la réalité sociale, démographique et géographique de Ramonville Saint-Agne, le cadastre de 1717 et celui de 1824, qui sont parvenus jusqu’à nous, sont riches d’enseignements. Ils nous permettent, en effet, de reconnaître une organisation complexe où se retrouvent trois groupes de propriétaires.

L’Église propriétaire

Bien implantée dans toute la vallée de l’Hers, deux ordres féminins, notamment l’ordre franciscain des Dames Religieuses du Tiers Ordre - « Tiercelettes » -, se sont établis sur le domaine de l’actuelle ferme de Cinquante et afferment la métairie pour le compte de son propriétaire le Collège Sainte-Catherine de Toulouse. Les possessions de l’Église gagneront en importance à la fin du XVIIIe siècle, lorsqu’en 1776, l’archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, réalise un important achat foncier pour remplacer sa résidence de campagne de Balma, en trop mauvais état ; il achète le château du marquis Jean Gabriel Bertrand de Saint-Léonard, comte de Brassac et seigneur d’Auzeville ainsi que les 60 arpents de terre qui l’entourent et les droits féodaux qui s’y rattachent. Le château deviendra pour les habitants « l’Archevêché » (château dit Maragon) sur les sommets boisés de « Tap Del Fort », les limites du fort, à côté du hameau de Soule.

La noblesse d’épée

Ensuite les aristocrates, dont la plus ancienne famille est celle d’Aubuisson. Cette vieille « noblesse d’épée », d’origine espagnole, s’est installée à Ramonville au XVIe siècle. Pierre d’Aubuisson fut décoré de la croix de Saint-Louis pour ses actes de bravoure lors de la bataille de Fontenoy qui opposa le 11 mai 1745 l’armée française de Louis XV, commandée par le maréchal de Saxe à l’armée britannique du duc de Cumberland. Son fils, Jean-Germain, seul aristocrate résidant à Ramonville lors de laRévolution, fut en 1790 le premier maire de la commune. Emprisonné pendant la terreur, il verra ses biens et en particulier son château vendus avec les biens nationaux.

Au début du XXe siècle, le château d’Aubuisson abritera un autre personnage célèbre, l’industriel Pierre Latécoère, créateur de la ligne aérienne Toulouse-Dakar et constructeur d’avions.

L’autre grande famille aristocrate de Ramonville est celle de Pailhès de Villemur qui portait, à la veille de la Révolution, le titre de seigneur de Ramonville. Sa représentante la plus illustre fut Jeanne-Anne de Bousquet. Épouse de Robert de Villemur, comte de Pailhès et seigneur de Ramonville, elle hérita des anciens domaines du roi, acheté en 1695 à Louis XIV par son ancêtre Balthazar de Boutaric, conseiller au parlement de Toulouse.

Construit par ce dernier, le château, aujourd’hui château de Soule - il porte plusieurs appellations : château de la Comtesse, château Pailhès, propriété de Biradom - garde encore aujourd’hui les traces de ce passé, comme le pigeonnier construit après 1718 qui porte encore le nom de Pigeonnier de la Comtesse.

La bourgeoisie toulousaine

Beaucoup de bourgeois toulousains - on en a dénombré une quarantaine - artisans, hommes de lois, ont acquis des terres sur les pentes les mieux exposées des collines où prospère la vigne. La plupart de ces propriétaires habitent Toulouse, mais l’un d’entre eux, le citoyen Mouny dit « Marnac », négociant en textile, viendra s’y retirer et sera maire sous l’Empire.

Au service de ces châteaux, ce qui fait la particularité de Ramonville, c’est la présence d’une « petite classe moyenne rurale » rassemblant les « maîtres- valets », les artisans, aux côtés des « brassiers » pauvres, qui travaillent la terre des autres.

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3. De la Révolution à la Résistance

Ramonville n’échappe pas à la tourmente révolutionnaire. États Généraux, première municipalité, vente des bien nationaux (nombreux à être ici rachetés bien sûr par la bourgeoisie toulousaine), élection d’un curé constitutionnel, terreur et loi des suspects…

Insurrection royaliste

Comme dans de très nombreuses communes, Ramonville Saint-Agne et ses habitants, liés de près à l’Église et à leurs ex-seigneurs, vivent intensément mais avec crainte la disparition de la royauté et l’avènement du nouveau régime.

Au début de l’été 1799, 22 Ramonvillois participent à l’insurrection royaliste destinée à mettre sur le trône Louis XVIII. L’affrontement avec les gardes nationaux se déroule, à proximité du village, à Castanet et sur les hauteurs de Pech David. Refoulés vers la Garonne, où beaucoup d’insurgés se noient, les royalistes subissent de lourdes pertes. Quatre des Ramonvillois sont tués ; les autres déposent les armes et regagnent leurs foyers au bénéfice d’une mesure d’amnistie.

Ramonville se développe

Ramonville poursuit son parcours et son unification au fil des ans. En 1806, le conseil municipal décide de la location d’un bâtiment à Saint-Agne (au numéro 11 de l’actuelle avenue Tolosane) pour abriter une mairie car il est, selon la délibération du 30 juillet de cette même année, « indispensable d’avoir un local où la mairie puisse remplir ses fonctions et dans lequel le conseil municipal

puisse se réunir lorsqu’il est convoqué, et qu’il est également indispensable d’avoir une prison pour enfermer les personnes qui méritent d’y être retenues ».

Durant près d’un siècle, la population va croître à un rythme lent : en 1898, Ramonville Saint-Agne compte 88 habitants.

En 1848, au moment où Paris s’enflamme pour une nouvelle révolution, le premier instituteur de la commune Edmond Dubois accueille les enfants de Ramonville Saint-Agne et ceux de Pouvourville.

En 1868 est fondée la première bibliothèque grâce à un don de particuliers.

En 1907, la mairie et le groupe scolaire sont construits sur l’actuelle place Charles de Gaulle afin que chaque lieu-dit se trouve à une distance équivalente de la nouvelle école. C’est à la même époque que le tramway fait son apparition pour relier Ramonville Saint-Agne à la place Esquirol à Toulouse.

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4. Cinq résistants assassinés par la gestapo

Comme toutes les villes et villages de France, Ramonville versera son lourd tribu aux conflits mondiaux du XXe siècle. L’histoire locale retiendra la date du 9 juillet 1944 : à quelques semaines de la libération de Toulouse, cinq cadavres sont découverts sur l’actuelle avenue de Suisse. Il s’agit des corps de cinq résistants, arrêtés et torturés par la gestapo le 8 juillet 1944 et fusillés le lendemain.

Après la libération de Toulouse en août 1944, et alors que la guerre se poursuit, apparaît à Ramonville un hebdomadaire éphémère (17 numéros de septembre 1944 à avril 1945), « organe local du Front national de Ramonville Saint-Agne-Les Bourdettes ». Dès son premier numéro, cet organisme se définissait comme suit : « Le Front national n’est pas un parti politique. Il rassemble les hommes de bonne volonté pour la libération et la grandeur de la France ».

Cet hebdomadaire très engagé est révélateur du climat qui marque cette période de notre histoire : on y lit des appels à « l’épuration » des « kollaborateurs », on y parle des soucis du « ravitaillement » et du « rationnement ». Il informe aussi sur la conduite de la Libération et sur la progression des Alliés. Il analyse les résultats de la conférence de Yalta. Il donne des nouvelles « des 65 000 sinistrés de Normandie » pour lesquels des collectes publiques sont organisées. Il est à noter aussi que la plupart des numéros comporte un article en occitan, très terroir.

D’une tonalité proche du Parti communiste et de ses organisations (Union des Femmes de France, Francs-Tireurs et Partisans), il appelle les Ramonvillois, dans son dernier numéro, à se rallier au Général de Gaulle, à l’approche des élections du 29 avril 1945 : « Tous unis derrière le Général de Gaulle, autour du programme du Conseil national de la Résistance adopté par tous les Républicains ».

Renaître, le journal de la libération

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5. Une centralité volontaire

Parfois opposés, parfois indifférents, parfois réunis, les 4 hameaux indépendants de Ramonville, Saint-Agne, Lapeyrade et Soule vont peu à peu se rapprocher et finir par unir leur destin, au sein d’une seule et même commune : Ramonville Saint-Agne.

Ramonville s’étend et se peuple
-  L’actuelle place Charles de Gaulle prépare la fête annuelle dans les années 50

La construction d’une mairie et d’une école, l’arrivée du tramway permettront d’appréhender, dès le début du XXe siècle, la centralité de la commune. Peu urbanisée jusqu’en 1950 (971 habitants), elle voit sa progression démographique s’accélérer tout au long des années 70 et 80. Parallèlement à la démographie, l’urbanisation s’étend de manière unilatérale.

L’Etat va prendre au début des années 60 la décision d’aménager une voie de contournement : cette initiative contradictoire rapprochera Ramonville Saint-Agne de Toulouse, favorisera la circulation mais coupera la ville en deux.

Aujourd’hui, Ramonville Saint-Agne est devenue une cité de plus de 12 000 habitants, fière de son passé et résolument tournée vers l’avenir.

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Publié le 26 juin 2017

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